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La Bible me dit-elle ce que je dois faire ?

Je viens de donner un conseil de lecture, mais à quoi sert-il dans notre vie de tous les jours ?

Blanc : C’est mon premier conseil pour lire la Bible : « 1er Conseil : Lire en chrétien ». Ne pas se chercher soi-même dans le texte biblique mais chercher d’abord le Christ ! Je crois que nous venons de voir que même dans un évangile ce n’est pas si facile !

Noir : Attends un moment : c’est bien beau ton conseil là ! Mais la Bible je la lis aussi pour savoir ce que je dois faire, moi ! La Bible ce n’est pas qu’un bouquin pour apprendre son catéchisme ! C’est la Parole de Dieu pour moi aujourd’hui ! Elle doit m’interpeller personnellement ! Me faire changer ! m’apprendre une nouvelle manière de voir le monde et d’agir !

B : Je vois ce que tu veux dire, mais attention ! Ta manière de présenter la Bible en ferait presque un livre magique qu’il suffirait d’ouvrir pour entendre des voix célestes ! Au sens strict, pour un chrétien, la Parole de Dieu c’est Jésus lui-même, qui est la Parole faite chair ! La Bible contient cette Parole non parce qu’elle consignerait les mots sortis de la bouche même de Dieu mais parce qu’elle nous permet de rencontrer Jésus !

N : Dans le Nouveau Testament ?!

B : Non, dans l’Ancien aussi ! Car toutes les Écritures témoignent de ce Dieu qui vient habiter parmi les hommes, qui leur donne sa vie et les sauve ! Jésus Christ accomplit tout l’Ancien Testament parce qu’il y est déjà à l’œuvre !

N : D’accord, je ne vais pas te contredire sur ce point, mais je n’en démords pas : si Jésus est présent dans toute la Bible c’est bien pour me parler et changer ma vie ! Regarde par exemple quand Jésus raconte l’histoire du bon samaritain c’est pour que son interlocuteur apprenne à faire preuve de compassion envers son prochain.

B : l’exemple que tu donnes est intéressant car, si on s’intéresse seulement à la « morale » de l’histoire, cela fait de Jésus un simple maître de sagesse comme il y en a mille ! Mais Jésus ne fait pas que parler de compassion : il a mené jusqu’au bout cette œuvre de compassion en mourant et en ressuscitant ! Il est lui-même le bon samaritain véritable qui vient guérir l’humanité laissée pour morte au bord du chemin !

N : Oui mais là tu sous-entends que c’est nous le blessé au bord du chemin ! Tu avais d’ailleurs fait la même chose dans ta vidéo ! Tu disais de ne pas s’identifier trop vite au paralytique mais juste après tu affirmais que le texte nous mettait « dans la tête » des scribes ! Tu vois bien qu’il n’est pas possible de ne pas se trouver soi-même quand on lit un texte biblique !

B : Je te l’accorde ! En fait il est normal et même bon de s’identifier aux personnages et aux situations qu’un texte dépeint ! Mais ce que je voulais dire dans mon conseil, c’est que justement cette pente naturelle peut vite nous entrainer à faire du texte un prétexte pour se regarder soi-même. La Bible cesse alors d’être un visage, un vis-à-vis, pour devenir un miroir !

N : D’où ton idée de « chercher d’abord le Christ » ! Mais quand on y réfléchit : si je suis chrétien ce que la Bible nous apprend sur Jésus, ce qu’il est, ce qu’il fait, cela aura forcément des conséquences sur ma vie ! Donc on pourrait dire que chercher le Christ et chercher ce que la Bible me dit pour ma vie ne s’oppose pas !

B : Oui à condition de commencer par « chercher le Christ » !

N : « Cherchez d’abord le royaume et son roi et tout le reste vous sera donné par surcroit » !

B : Quelque chose comme ça !

Frère Pierre de Marolles

Le frère Pierre de Marolles est dominicain de la Province de Suisse. Il est titulaire d’un Master et d’une licence canonique en théologie de l’Université de Fribourg (Suisse). Il s’est spécialisé en Bible. Il vit actuellement dans la communauté Saint Nicolas de Myre de Zurich.