Saison 7 : Histoire de l'Eglise

Le sommaire

Histoire(s) d'Eglise : le temps des commencements

Au temps où on parlait grec comme aujourd’hui on parle anglais, l’Eglise, la communauté des chrétiens était désignée par deux mots : ekklesia, l’assemblée qui est convoquée et qui a donné le français Eglise ou l’espagnol Iglesia, et Kyriake, celle qui appartient au Seigneur, ce qui a donné l’allemand Kirche, l’anglais...

Au temps où on parlait grec comme aujourd’hui on parle anglais, l’Eglise, la communauté des chrétiens était désignée par deux mots : ekklesia, l’assemblée qui est convoquée et qui a donné le français Eglise ou l’espagnol Iglesia, et Kyriake, celle qui appartient au Seigneur, ce qui a donné l’allemand Kirche, l’anglais Church ou l’italien Chiesa. L’Eglise est donc l’assemblée convoquée par le Seigneur pour lui appartenir ; elle a donc son origine et sa fin en Dieu, au-delà des horizons purement humains. Là,ça y est, je crois que j’en ai déjà perdu quelques uns. En même temps, l’Eglise a bien une origine dans le temps : c’est une communauté (et pas seulement une institution) fondée par Jésus-Christ au premier siècle. Depuis lors, elle traverse le temps et on peut écrire son histoire jusqu’à aujourd’hui. Petite particularité : comme le rappelle saint Paul, l’Eglise est le corps du Christ et donc, comme tout corps, il y a, à côté de ce qui est visible (en l’occurrence la communauté et son histoire) ET un principe invisible, comme une âme (en l’occurrence c’est l’Esprit Saint). Visible et invisible… Donc faire l’histoire de l’Eglise demande de faire un peu de théologie - on n’en sort jamais… Mais en même temps c’est pour cela qu’on s’appelle Théodom ! L’enjeu est de chausser des lunettes à double foyer de manière à voir l’Eglise non seulement sous le regard de l’histoire mais aussi avec un regard de foi ; l’un et l’autre ne sont pas censés être incompatibles soit dit en passant… Tant par la foi que par l’histoire, c’est au Christ que les chrétiens veulent avant tout se rattacher. Il est plus qu’un fondateur, il est le Fils de Dieu venu dans le monde ! Avoir un lien avec le Christ, le Fils de Dieu, c’est donc aussi avoir un lien avec Dieu le Père. Et dans l’histoire, ça passe par cette communauté qu’on appelle l’Eglise et qui traverse le temps structurée par une hiérarchie héritée des apôtres de Jésus. Du lourd. Du concret. Si ce lien est possible entre le visible et l’invisible, le temporel et l’éternel, c’est que l’Eglise commence aussi par un événement historique, l’Incarnation, qui n’est pas un mythe fondateur. Dans la foi chrétienne, l’Incarnation, c’est Dieu lui-même qui entre dans l’Histoire en prenant un corps et une âme humains. Dieu on ne peut pas le voir mais on peut voir ce que Jésus a fait grâce aux évangiles, ces témoignages des disciples de Jésus écrits moins d’un siècle après sa mort. L’un d’eux, Luc, commence d’ailleurs comme les historiens de l’Antiquité : beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous, d'après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole. C'est pourquoi j'ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s'est passé depuis le début, d'écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi, afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus. [Un vrai travail de pro !] Je récapitule des données de foi qui nous aideront à voir le lien à Jésus par l’Eglise : Dieu invisible se rend visible en Jésus le Christ qui choisit lui-même ses 12 apôtres. Ils sont les piliers et les pasteurs de l’Eglise. Leurs successeurs sont les évêques - du grec Episkopos “celui qui veille” et leurs collaborateurs sont les prêtres - du grec presbyteros “l’ancien” - et les diacres - du grec diakonos “le serviteur”. Comme ça tout est bien organisé ! Quand, au concile de Nicée en 325 puis à celui de Constantinople en 381, les évêques ont essayé de définir ce qu’est l’Eglise, ils sont arrivés à cette formulation mastoc : « je crois en l’Eglise une, sainte, catholique et apostolique ». (Boum !) Une ça veut dire unie et unique, sainte ça veut dire conforme au projet de Dieu, catholique ça veut dire universelle et apostolique ça veut dire liée aux apôtres et à la mission qu’ils ont reçu de Jésus. Que faire de ces données de foi ? Chercher dans l’histoire ce qui prouverait que l’Eglise serait une, sainte, catholique et apostolique ? Ce serait maladroit et même peine perdue car on ne parviendrait pas à écarter tout ce qui nous la montrerait non pas une mais divisée, pas si sainte quand on voit tous les pécheurs qui en font partie, plus occidentale qu’universelle et vivant dans un contexte finalement assez éloigné de celui des apôtres. Ce qu’on peut faire en histoire avec la foi et la définition de l’Eglise qu’elle nous donne, c’est de regarder ce qui honore et ce qui déshonore ce projet. Pour les temps apostoliques, retenons que Jésus a choisi des disciples de son vivant, mais qu’ils ont tous fui quand il meurt sur la croix. Pourtant ces hommes apeurés et enfermés dans leur maison sont les mêmes qui vont partir annoncer dans tout le bassin méditerranéen que Jésus est vivant, ressuscité. Au risque de la persécution et du martyr ! Incroyable non ? Pour nous, chrétiens, cet événement est la Pentecôte : c’est à ce moment-là qu’est donné l’Esprit Saint qui doit habiter l’Eglise jusqu’à la fin des temps. La mission de l’Eglise naissante alla vers les juifs d’abord, s’ouvrant progressivement aux païens, formant des groupes distincts qui ne se mélangèrent que progressivement. Ce furent le sujet de tensions internes qu’on retrouve dans certaines lettres de saint Paul et la question fut réglée lors d’un premier « concile », réuni à Jérusalem vers l’an 48, autour de Pierre, le chef des apôtres. Mais les tensions sont aussi extérieures. Juifs et Romains regardent d’un mauvais œil la croissance de cette communauté et les persécutions commencent rapidement : dès l’an 34, Etienne mourut « martyr », c’est-à-dire littéralement “témoin” de Jésus-Christ jusqu’à donner sa vie pour lui. Il est le premier d’une longue liste qui s’étend jusqu’à nos jours. Vous l’aurez compris, l’Eglise n’est pas un sujet d’histoire banal : derrière les faits, la foi voit quelque chose de plus profond ; derrière le fondateur ,Jésus-Christ, les chrétiens reconnaissent le Fils de Dieu ; derrière le développement de l’Eglise, les chrétiens voient l’action de l’Esprit Saint. Par la continuité historique, les chrétiens sont en lien avec leur Dieu venu dans la chair.

dates:

vers 30: mort de Jésus-Christ

vers 48: premier concile à Jérusalem

vers 100: mort du dernier apôtre saint Jean

Frère Maxime Arcelin

Le frère Maxime Arcelin est dominicain de la Province de Toulouse. Il est spécialisé en histoire de l'Eglise. Il réside actuellement au couvent Saint-Thomas d'Aquin à Toulouse.

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Jephté

“Et moi je dis en définitive que le premier des Saints à faire connaître est Jésus. Sans Lui nous sommes néant. Avec Lui tout devient possible....”

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