Série 7 : Histoire de l'Eglise

Le sommaire

Reformes et Contre-Réformes

La découverte du Nouveau-Monde en 1492 et des routes maritimes vers l’Extrême-Orient redonne à l’Eglise une ardeur missionnaire et une aspiration renouvelée à l’universalité, mais elle lui est contestée dans le même temps en Europe par l’émergence de la Réforme protestante. Tout change vite! Comment L’Eglise affronte les crises du XVI°...

La découverte du Nouveau-Monde en 1492 et des routes maritimes vers l’Extrême-Orient redonne à l’Eglise une ardeur missionnaire et une aspiration renouvelée à l’universalité, mais elle lui est contestée dans le même temps en Europe par l’émergence de la Réforme protestante. Tout change vite! Comment L’Eglise affronte les crises du XVI° au XVIII°siècle ? Est-ce qu’elle conserve un vrai dynamisme? Là encore nous serons obligés d’aller vite L’aspiration à réformer l’Eglise parcourt toute son histoire, et vient autant de la tête que de la base, mais souvent en décalé. Quand elle vient de la base, la contestation de la hiérarchie indigne amène souvent la contestation de son enseignement,m comme avec Martin Luther à l’aube du XVI°siècle et Jean Calvin. La papauté, sortie du grand schisme d’Occident, réforme difficilement l’Eglise par le haut ; nombres de pontifes romains semblent être des princes plus soucieux de la politique européenne et de la fortune de leur famille que des affaires de l’Eglise, le scandale atteignant sans doute son paroxysme avec un Alexandre VI Borgia ou avec l’octroi d’indulgences contre argent ; une goutte d’eau qui pour Luther fit déborder le vase : « ils prêchent une doctrine humaine, ceux qui prétendent que, dès que l’argent tombe dans la caisse, l’âme quitte le purgatoire ». Il n’a pas tort et en plus, d’après la légende, c’est un dominicain qui a dit cela ! La situation politique de l’Allemagne, la réflexion des humanistes de la Renaissance, l’invention de l’imprimerie et biens d’autres facteurs ont sans doute favorisé la diffusion de ces idées qui conduisirent des régions entières à la séparation et ultimement à la fin du régime de chrétienté : la société chrétienne n’était plus unie sous un seul chef, le pontife – du latin pontifex, celui qui fait des ponts, entre le ciel et la terre bien sûr. En appelant avec les humanistes à revenir à l’Ecriture et en se séparant de l’Eglise romaine, les Réformés prétendaient revenir à l’enseignement des apôtres que les catholiques auraient délaissé. Mais l’idéal de chrétienté est encore très vigoureux dans certaines régions, notamment en Espagne où les rois dits « catholiques », épaulés par une inquisition dévouée à la cause de la foi et de la couronne, vont jusqu’à expulser tout corps qui soit étranger à l’Eglise comme les juifs et les musulmans. C’est catholique ça ? En France, le roi « très chrétien » hésite jusqu’au XVIII°siècle sur l’unité religieuse de son Royaume et sur la tolérance à accorder aux protestants, comme en témoignent les guerres de religions du XVI°siècle, leur pacification par l’édit de Nantes, qui accorde certaines libertés aux protestants en 1598, et sa révocation, qui supprime ces libertés en 1685. Quant aux Etats devenus protestants, que ce soit en Suisse, en Allemagne ou en Angleterre, ils adoptent en fait aussi la prétention à l’unité religieuse : cujus regio ejus religio. À chaque région sa religion ! Cela donne notamment l’anglicanisme, où le Roi est chef de sa propre Eglise. Comme ça c’est plus pratique ! Le choc de Luther est si fort que l’Eglise catholique accentue sa propre réforme : ce qu’on qualifie un peu vite de « Contre-Réforme ». Elle est marquée par la réunion du concile de Trente de 1545 à 1563 mais aussi par les nombreuses fondations religieuses, comme celle de la Compagnie de Jésus (les jésuites) par Saint Ignace de Loyola en 1540 ; il fait de sa société une milice au service du pape, notamment contre les protestants, et on la retrouve aux avant-postes de la mission avec des figures comme saint François-Xavier, missionnaire infatigable en Orient, ou Matteo Ricci parvenu jusqu’à l’empereur de Chine, mais aussi avec des expériences audacieuses comme les « réductions » du Paraguay, ces petites cités autonomes destinées à protéger les indiens des colons. Les vieux ordres ne sont pas en reste dans ce mouvement, comme en témoigne le rôle du dominicain mort en 1566, Barthélémy de Las Casas, en faveur de ces mêmes indiens. Beaucoup de ces ordres médiévaux connaissent des réformes bienfaisantes, notamment le Carmel, qui revient avec saint Jean de la Croix et Thérèse d’Avila à une vie plus pauvre et centrée sur la prière silencieuse qu’on appelle oraison (chut on prie). A cette époque, saint Charles Borromée, mort en 1584, devient le modèle du pasteur pour tous les évêques et pour la formation des prêtres : on crée - enfin !- des séminaires. C’est pour ça qu’on sait plein de choses ! On parle aussi en France du « siècle des saints » à cause du grand nombre de figures de sainteté qui marquent le XVII°siècle, comme ce prêtre dévoué aux pauvres que fut saint Vincent de Paul. Ce renouveau spirituel lui-même n’est pas sans difficultés. Par exemple, l’inquisition subsiste et, face à la prolifération de l’hérésie, reçoit même de nouveaux pouvoirs qu’elle exerce non seulement contre les hérétiques, mais aussi contre toute personne suspecte et contre des savants jugés audacieux, à l’image du procès intenté à Galilée en 1633. On voit des disputes théologiques continuer de prendre un tour politique, notamment en France les querelles janséniste et quiétiste aux XVII et XVIII°siècle, qui sont toutes deux condamnées par Rome et réprimées par le roi. Bref. L’Eglise est sortie difficilement d’un régime médiéval de chrétienté qui voyait l’harmonie jusqu’à la collusion des pouvoirs temporels et spirituels. Elle se retrouva piégée par l’affirmation des Etats modernes qui, loin de vouloir se soumettre inconditionnellement à l’autorité étrangère du pape, aspirèrent à soumettre la religion à leur politique. Le choc de la Réforme protestante et des grandes découvertes suscita de profondes remises en cause, qui eurent aussi un effet bénéfique sur l’esprit missionnaire de l’Eglise et sa recherche d’une plus grande conformité à l’Evangile . Cet approfondissement de la foi, qui fit germer de nombreux saints, n’empêcha pas pour autant la vague de sécularisation du siècle des Lumières : les modernes étaient en train de s’écarter résolument de la religion.

1517: Martin Luther affiche ses 95 thèses

1545-1563: concile de Trente.

1540: jésuites

1633: procès Galilée

Frère Maxime Arcelin

Le frère Maxime Arcelin est dominicain de la Province de Toulouse. Il est spécialisé en histoire de l'Eglise. Il réside actuellement au couvent Saint-Thomas d'Aquin à Toulouse.

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