Série 11 : Dieu, nous et la terre

Le sommaire

La biodiversité, une question théologique ?

Si vous avez déjà une certaine habitude avec les vidéos ThéoDom, vous avez remarqué qu’il y est question de Bible, de Dieu, éventuellement du comportement humain ou encore de la Vierge Marie, mais qu'est-ce que la biodiversité peut venir faire là-dedans ? Ce que j’ai ici, vous l’avez reconnu, est un doughnut,...

Si vous avez déjà une certaine habitude avec les vidéos ThéoDom, vous avez remarqué qu’il y est question de Bible, de Dieu, éventuellement du comportement humain ou encore de la Vierge Marie, mais qu'est-ce que la biodiversité peut venir faire là-dedans ?

Ce que j’ai ici, vous l’avez reconnu, est un doughnut, autrement dit un beignet gras et sucré, mais surtout en forme de tore. Si je vous le montre du dessus vous voyez une couronne, si je vous le montre de côté vous voyez un rectangle avec des demi-disques sur les côtés courts. Tout cela pour dire qu’une seule et même réalité, mon doughnut, peut apparaître très différemment selon le côté d’où l’on regarde. Il en est de même pour notre monde et ce qu’il contient, que l’on parle science ou théologie on décrit la même réalité, avec des méthodes et vocabulaires différents et, forcément, les résultats vont aussi être assez différents. Voilà un peu ce que nous allons faire maintenant, en nous servant de la notion de biodiversité.

Si nous nous trouvons face au foisonnement du vivant nous pouvons parler de biodiversité et aussi d’écologie. L’idée de biodiversité veut rendre compte de la diversité dans le monde du vivant : il existe différents types d’écosystèmes : p. ex. les mers, les forêts et les savanes ; à une échelle plus petite, dans un écosystème donné, il y a de nombreuses espèces qui interagissent entre elles, plantes, animaux, micro-organismes, auxquels s’ajoute la matière non animée, l’eau, l’air etc. p. ex. ; finalement il y a de la diversité au sein d’une espèce, chacun a un génome légèrement différent, tous les individus n’ont pas la même couleur, la même taille… Les spécialistes parlent des « services » que la biodiversité rend aux hommes, p. ex. la production de ressources renouvelables et la régulation du climat, sans oublier le côté récréatif d’une balade dans un milieu naturel intact. Je ne vous apprends rien si je vous dis que tout cela est menacé à beaucoup d’endroits et cela fait que beaucoup de ces services ne sont plus disponibles. Et le chrétien dans tout ça ?

La disparition de la biodiversité avec toutes ses conséquences ne peut pas laisser le chrétien indifférent, les premiers qui en souffrent sont normalement les plus faibles, ceux dans lesquels nous rencontrons particulièrement le Christ. Mais au-delà de ces considérations éthiques il y a, à mon avis, une raison plus profonde. Un regard théologique sur la nature avec sa diversité, nous renvoie à son origine qui est Dieu. Il a tout crée à partir de rien, lisons nous dans le 2ème livre des Maccabés (cf. 2 M 7, 28), à partir de rien, mais par amour. Ce qui existe n’est pas le fruit d’un hasard, ni la conséquence d’un combat entre différents dieux, mais bien le résultat d’un débordement d’amour. Ceci est très important pour la relation que je vais avoir au monde et devrait conditionner ma façon d’interagir avec. Sans aller jusqu’à dire que tout soit prédéterminé par Dieu dans le moindre détail, je peux tenir la position que cette diversité est voulue par Dieu. Dans le psaume 103/104, 24 nous lisons « quelle profusion dans tes œuvres, tout cela ta sagesse l’a fait ». Elle est non seulement voulue par, mais la diversité nous dit aussi quelque chose de Dieu. Il est à la fois unique et trois personnes, la vie sur Terre est aussi unique et multiforme. François d’Assise le chante dans son Cantique des créatures. Thomas d’Aquin va même jusqu’à dire qu’il faut une multiplicité de créatures pour que Dieu puisse être reconnu dans la Création (cf. Somme de théologie I, 47, 1). De plus chaque créature est voulue par Dieu et orientée vers lui. L’homme a certes une place particulière dans cet ordre de la Création. En ce moment c’est surtout le côté jardinier de Genèse 2 qui doit être mis en valeur. Le Seigneur Dieu prit l’homme et le conduisit dans le jardin d’Éden pour qu’il le travaille et le garde (Genèse 2, 15).

Retenons donc que la biodiversité est menacée, mais elle indispensable pour le fonctionnement de notre planète.

D’un point de vue théologique, la responsabilité est dans la main des hommes où Dieu l’a posée. Nous devons la prendre au sérieux, autant pour le bien de tous que pour la louange de Dieu.

 

frère Marc Bellion

Le frère Marc Bellion est dominicain de la Province de France. Après un doctorat en biologie obtenu à l'université de Nancy, il est entré dans l'Ordre dominicain et réside au couvent Sainte-Marie-du-Chêne à Nancy. Il prépare un doctorat en théologie à l'université de Metz. Il est membre du Groupe Albert-le-Grand qui rassemble des dominicain(e)s réfléchissant sur des questions scientifiques.

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