Série 8 : mort et résurrection

Le sommaire

Je crois en la résurrection de la chair

Je crois en la résurrection de la chair ! Qu’est-ce que cela signifie ? « Je crois » tout d’abord. Il ne s’agit pas de prouver la résurrection en en réalisant une devant nos yeux ébahis mais plutôt de faire confiance aux témoins du Christ ressuscité et comprendre ce qu’implique la résurrection...

Je crois en la résurrection de la chair ! Qu’est-ce que cela signifie ?

« Je crois » tout d’abord. Il ne s’agit pas de prouver la résurrection en en réalisant une devant nos yeux ébahis mais plutôt de faire confiance aux témoins du Christ ressuscité et comprendre ce qu’implique la résurrection du Christ pour notre propre résurrection.

La résurrection justement, qu’est-ce que c’est ?
Ce n’est pas un simple retour à la vie après la mort. Façon Lazare au chapitre 11 de Jean.
Ce n’est pas non plus une réincarnation où mon esprit, après la mort, quitte mon corps pour s’incarner dans un autre corps, puis un autre corps, etc.
Non la résurrection est un projet bien plus ambitieux ! C’est le projet de Dieu pour chacun de nous.
 
Que pouvons-nous dire de la résurrection de Jésus ?
Les évangiles sont discrets. Nous n’avons pas de témoignages directs de l’événement de la résurrection du Christ, mais nous avons des témoignages directs de personnes qui ont rencontré le Christ ressuscité. Et tu vas voir que c’est très concret !
Par exemple à la fin de l’évangile de Luc au chapitre 24 :
Jésus apparaît à ses apôtres et leur dit :
« Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui présentèrent une part de poisson grillé qu’il prit et mangea devant eux.
En voyant les blessures des mains et des pieds, les apôtres constatent ainsi que Jésus crucifié et Jésus ressuscité ne sont qu’une seule et même personne ! Il n’y a pas eu remplacement de son corps sur la croix juste avant la mort ou hallucination collective le jour de la résurrection.
De plus, une personne ressuscitée a bien un corps, un vrai corps, avec des os et de la chair. On peut le toucher. Il n’est pas devenu un ectoplasme flottant et gazeux. Et pourtant le Christ apparaît alors que les apôtres sont enfermés dans la pièce. C’est un indice : un corps ressuscité ou corps glorieux est véritablement un corps mais qui peut apparaître ou disparaître. Il n’est plus soumis aux lois habituelles de la physique qui régissent le monde visible. Notons que les apôtres ont du mal à reconnaître Jésus ressuscité : pour le voir vraiment, il faut le croire.
 
Alors qu’est-ce que la résurrection de la chair ?
La mort est la séparation de l’âme et du corps.
L’âme, spirituelle et immortelle, est la forme du corps affirme Aristote. C’est-à-dire que l’âme est à la fois distincte du corps ET solidaire du corps. Elle n’est pas faite pour exister sans le corps. Autrement dit, l’âme n’est pas l’âme de n’importe quel corps ! Il est essentiel à mon âme d’être l’âme unique de mon corps unique.
Le terme "chair" désigne, lui, l’homme dans sa condition corporelle de faiblesse et de mortalité. Ça c’est une expérience assez évidente.
À la mort, le corps de l’homme tombe donc dans la corruption, alors que son âme va à la rencontre de Dieu, tout en demeurant en attente d’être réunie à son corps glorifié.
La "résurrection de la chair" signifie ainsi qu’il n’y aura pas seulement, après la mort, la vie de l’âme immortelle, mais que même notre "corps mortel" reprendra vie par la toute-puissance de Dieu au dernier jour.
 
Comment est-ce possible ?
Saint Paul s’est posé la même question que toi dans la première lettre aux Corinthiens (15,35-38)
« Comment les morts ressuscitent-ils ? avec quelle sorte de corps reviennent-ils ? »
Réfléchis donc ! Ce que tu sèmes ne peut reprendre vie sans mourir d’abord ; et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps de la plante qui va pousser, mais c’est une simple graine : du blé, par exemple, ou autre chose. Et Dieu lui donne un corps comme il l’a voulu : à chaque semence un corps particulier. Ainsi en est-il de la résurrection des morts. Ce qui est semé périssable ressuscite impérissable ; ce qui est semé sans honneur ressuscite dans la gloire ; ce qui est semé faible ressuscite dans la puissance ; ce qui est semé corps physique ressuscite corps spirituel
Attention cela ne signifie pas que Dieu reconstituera mon corps atome par atome après ma mort. Il y a certes une continuité entre mon corps de chair et mon corps glorieux - c'est un corps - mais aussi discontinuité, comme l'épi de blé par rapport au petit grain de blé.
Le comment nous dépasse, donc, mais grâce aux témoignages des apôtres, nous savons que la résurrection est possible.

Pourquoi est-ce si important cette résurrection de la chair ?
Pour trois raisons, la première est que la résurrection de Jésus n’est pas un « happy end » pour lui. Ouf, lui s’en est sorti ! Cela nous concerne tous directement ! Jésus affirme : « Je suis la résurrection et la vie ». Donc, croire en Jésus c’est croire que la mort n’a pas le dernier mot et que nous allons vers la vie éternelle par lui, avec lui et en lui. C’est cela la bonne nouvelle des chrétiens !
La seconde raison est que la foi chrétienne est vraiment incarnée ! Ce n’est pas une spiritualité vague et fumeuse. Nous croyons que Dieu a créé nos corps. Nous affirmons que le Verbe s’est fait chair et qu’il a habité parmi nous. Nous nous nourrissons du sacrement de son corps et de son sang. Et nous attestons à la suite des apôtres que le Christ est vraiment ressuscité dans son corps. Et moi aussi, à la plénitude des temps, je ressusciterai comme lui avec un corps glorieux. Car je veux voir Dieu et le voir de mes yeux.
Et la troisième raison : puisque notre corps sera glorifié au dernier jour, lors du retour du Christ, quand il viendra juger les vivants et les morts, alors ce corps est précieux ! Infiniment digne de respect puisqu’il est destiné à la vie éternelle. Et non seulement mon corps mais celui de mon prochain, surtout quand il souffre. Mon corps n’est pas une triste prison, dont je serai un jour enfin libéré, mais le lieu où Dieu manifeste aujourd’hui son amour et sa tendresse.

Frère Nicolas Burle

Le frère Nicolas Burle est dominicain de la Province de France, au couvent de Lille. Il est aumônier national des Scouts Unitaires de France, responsable du projet Dom & Go et coordonateur des propositions ThéoDom.

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