Série 11 : Dieu, nous et la terre

Le sommaire

Jésus était-il écolo ?

Si Jésus était né au XXIème siècle, est-ce qu'il aurait pris son bâton de pèlerin pour militer contre le réchauffement climatique comme Greta Thunberg ? La question semble étrange. Pour tenter d'y répondre, nous devons interroger le rapport de Jésus avec la nature. Nous analyserons la façon dont Jésus parle de...

Si Jésus était né au XXIème siècle, est-ce qu'il aurait pris son bâton de pèlerin pour militer contre le réchauffement climatique comme Greta Thunberg ? La question semble étrange. Pour tenter d'y répondre, nous devons interroger le rapport de Jésus avec la nature. Nous analyserons la façon dont Jésus parle de la nature et ce que cela révèle de sa relation avec elle. Nous verrons ensuite que cette relation unique de Jésus avec la nature s'exprime aussi dans ses habitudes de vie, ses gestes et ses choix.

Tout d'abord, la nature a une place importante dans l'enseignement de Jésus. Nous savons qu'il enseignait en paraboles et souvent Jésus emprunte des éléments de la nature qui deviennent des enseignements pour ses auditeurs. Pensez à la semence qui grandit pour devenir un grand arbre, à la vigne, au lys des champs, au grain de blé qui meurt pour donner l'épi, etc... De même, Jésus cite de nombreux animaux : colombes, loups, serpents, passereaux, brebis, renards, poissons, ânes, petits chiens, cochons, scorpions, vautours, chameaux, bœufs, coqs, mites et vers. Et, même, Jésus se compare à une poule qui rassemble ses poussins et à la vigne. Au minimum, on peut dire que Jésus est un fin observateur de la nature et qu'elle est très présente dans son esprit.

Mais n'est-ce pas bien plus que cela ? Arrêtons-nous un instant sur un passage éclairant le rapport de Jésus à la nature : « Aimez vos ennemis, et priez pour ceux qui vous persécutent, afin d’être vraiment les fils de votre Père qui est aux cieux ; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, il fait tomber la pluie sur les justes et sur les injustes. » Vous avez bien entendu, Jésus justifie l'un de ses enseignement les plus fondamentaux ‒ l'amour des ennemis ‒ non sur la loi de Moïse, ni sur la Genèse, ni même d'ailleurs sur les écritures, non il fonde cet enseignement directement sur la Création. Mais une Création venant du Père, voulue par le Père. Ainsi pour Jésus, si le Père donne son soleil et sa pluie aux bons comme aux méchants, c'est donc qu'il les aime et que nous devons en faire autant. Pour Jésus, le Père est présent derrière chaque élément de la Création. Nous retrouvons clairement cette même vision de Jésus sur la nature dans une autre de ses paroles : « Regardez les oiseaux du ciel : ils ne font ni semailles ni moisson, ils n’amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit. » Pour Jésus, c'est le Père qui nourrit les oiseaux du ciel, qui leur donne chaque jour ce dont ils ont besoin. Bien sûr, ensuite, Jésus dira que ses disciples sont encore plus précieux que les oiseaux aux yeux du Père mais cela n'empêche, le Père est là présent dans sa Création, à travers sa Création, pour donner à ses créatures ce dont elles ont besoin. La nature est donc pour Jésus comme une parabole riche d'enseignement, un enseignement primordial presque plus important que les écritures et, par ailleurs, elle fait l'objet d'une attention aimante de tous les instants de la part du Père.

Et nous pouvons sans difficulté imaginer cette même attention de Jésus pour la nature. L'évangéliste Marc, dans l'épisode des tentations au désert, suggère cette relation harmonieuse retrouvée entre Jésus et la nature sauvage. Jésus résiste aux tentations et la nature perd son hostilité : « Il vivait parmi les bêtes sauvages, et les anges le servaient. » Les lecteurs attentifs des Evangiles que vous êtes remarqueront également que Jésus enseigne dans les synagogues, mais il ne prie pas dans les synagogues. Il prie dans la nature. Elle est le cadre choisi par Jésus pour ses moments d'intimité avec son Père, que nous appelons prière. Et même quand il est dans la ville de Jérusalem, l'évangéliste Jean nous rapporte que Jésus avait l'habitude de se réunir avec ses disciples au jardin de Gethsémani. C'est là qu'il priera son Père avec intensité juste avant son arrestation.

Un dernier fait surprend de la part de Jésus et illustre une nouvelle fois sa sensibilité vis-à-vis du monde animal. A l'époque de Jésus on pratiquait de nombreux sacrifices rituels d'animaux au temple de Jérusalem. Or, les Evangiles ne nous rapportent aucun sacrifice d'animaux que Jésus aurait fait, alors que ses parents, par exemple, ont offert deux tourterelles après sa naissance. Au contraire, Jésus prend ses distances avec cette pratique et même chasse du temple ceux qui vendaient les animaux pour les sacrifices. Jésus choisira pour son mémorial du pain et du vin qui viennent du monde végétal alors qu'on aurait pu s'attendre à ce qu'il reprenne le mémorial juif : l'agneau immolé. Jésus a probablement mangé de la viande durant sa vie terrestre, mais il n'a pas fait de ce type de repas son mémorial.

En conclusion, Jésus se trouve dans la nature comme dans un jardin créé par le Père et dont le Père prend soin. Et ce jardin EST aussi Parole de Dieu à lire exactement comme la Bible. Ainsi, face à la nature, Jésus est émerveillé et infiniment respectueux. Elle fait partie de lui, il est d'ailleurs né dans une mangeoire pour animaux. Plus que cela, la nature est un moyen d'entrer en relation avec son Père. Bien sûr, nous ne savons pas si Jésus aurait été militant écologiste aujourd'hui. La question n'a pas de sens. Mais son émerveillement devant la nature, son respect et sa relation avec elle rejoint l'enseignement de nombreux écologistes aujourd'hui.

frère Benoît Ente

Frère Benoît Ente est dominicain à Lille, dans la maison filiale du couvent, 60 rue de Condé, dans le quartier de Wazemme. Il est, entre autre, responsable de la proposition Carême dans la Ville.

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