Jésus, simple héros ?

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Rencontrer Jésus dans les icônes ?

« Mais pour vous, qui suis-je ? ». La question de Jésus à ses disciples s’adresse à nous encore aujourd’hui. Où trouver la réponse ? Dans l’expérience de l’amitié avec le Christ. C’est ce que nous invitent à vivre les icônes. Les icônes affirment l’incarnation du Verbe de Dieu. Comme l’Evangile, elles...

« Mais pour vous, qui suis-je ? ». La question de Jésus à ses disciples s’adresse à nous encore aujourd’hui. Où trouver la réponse ? Dans l’expérience de l’amitié avec le Christ. C’est ce que nous invitent à vivre les icônes.

Les icônes affirment l’incarnation du Verbe de Dieu. Comme l’Evangile, elles nous aident à rencontrer le Christ. Elles sont parole de Dieu en formes et en couleurs. C’est d’ailleurs pour cela qu’on dit “écrire une icône” et non “peindre une icône”.

Je vous invite à chercher le Christ dans les icônes.

« C’est le mystère de l’Incarnation qui fonde la théologie des icônes : en effet, à cause de l'Incarnation du Fils de Dieu, on peut désormais représenter l'Irreprésentable, montrer ce qui ne peut être vu. Dans le Christ, Dieu prend visage d'homme et se donne à voir. Paul écrit de Jésus qu'il est l'image du Dieu invisible » (Col 1,15).

Il existe une grande variété de représentations du Christ. Et de fait, dans les Évangiles, il prend de nombreux visages. Le Fils s’adapte à toutes les cultures, s’invite dans toutes les églises.

Contemplons un grand type d’icônes du Christ : Le Pantocrator

 Le Christ Pantocrator
En grec ancien, pantocrator signifie “maître de tout” - “tout puissant”. Pantocrator, est le nom donné aux icônes du Christ en buste.

Le Verbe incarné
Pour comprendre cette icône, relisez la lettre de Saint Paul aux Colossiens : 

 « Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né, avant toute créature : en Lui tout fut créé, dans le ciel et sur la terre. Les êtres visibles et invisibles… tout est créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en Lui. » (Col 1, 15-17)

Ce texte de Saint Paul décrit le mystère inépuisable du Verbe Incarné. Il exprime le message de l’icône du Pantocrator : il est épiphanie (manifestation) du Dieu transcendant qui porte un visage semblable au nôtre. De lui dépend totalement tout ce qui existe, dans le monde terrestre et le monde céleste, car « c’est par lui que tout est venu à l’existence, et rien de ce qui s’est fait ne s’est fait sans lui. »

La miséricorde de Dieu
Le Pantocrator nous révèle aussi une autre dimension de Dieu : sa miséricorde. Le Verbe s’est fait homme pour mourir comme tous les hommes. Par sa Résurrection, il reconduira vers le Père toute la Création afin qu’elle puisse participer à sa vie divine :

 « C’est lui le commencement, le premier-né d’entre les morts, afin qu’il ait en tout la primauté. Car Dieu a jugé bon qu’habite en lui toute plénitude et que tout, par le Christ, lui soit enfin réconcilié, faisant la paix par le sang de sa Croix, la paix pour tous les êtres sur la terre et dans le ciel. » (Col 1, 18-20)

Vous avez peut-être aussi déjà vu le Pantocrator de Daphni, un monastère byzantin tout proche d’Athènes, en Grèce. Il date du Xème siècle, et là, le Pantocrator prend un aspect sévère. On le dit aussi « au regard courroucé », menaçant, maître de l’univers qui viendra juger les vivants et les morts. 

*Toute l’expression est dans le regard pénétrant du Christ. Son livre est ouvert et porte une citation tirée de l’Evangile de Saint Jean ou de Saint Matthieu : 

 « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jean 8,12) ou « Ne jugez pas pour n’être pas jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. » (Mth 7,1-2)

Quelques siècles plus tard, le célèbre Pantocrator perd son aspect menaçant. Son visage rayonne d’une certaine bonté. Et sur le livre qu’il tient dans la main, on lit des inscriptions qui manifestent l’amour de Dieu, dans St Jean ou St Matthieu : 

 « Je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. » (Jean 8,12) ou « Ne jugez pas pour n’être pas jugés ; de la manière dont vous jugez, vous serez jugés ; de la mesure dont vous mesurez, on vous mesurera. » (Mth 7,1-2)

Ainsi, selon notre chemin de foi, face à cette icône, nous contemplerons l’une ou l’autre de ces dimensions. Le Christ Souverain maître tout-puissant ou le Christ miséricordieux.

Les mains
Les mains jouent aussi un rôle important dans l’icône du Pantocrator. Par exemple, le geste de la main qui bénit reproduit le nom de Jésus. Les doigts forment les lettres IC XC, abréviation qui reprend les premières et dernières lettres des mots Jésus Christ, en grec : ΙΗΣΟΥΣ ΧΡΙΣΤΟΣ

L’auréole
Un autre élément important dans les icônes du Pantocrator est l’auréole. Elle indique que le Christ est Dieu. Dans l’auréole s’inscrit toujours la croix, signe de la miséricorde de Dieu. 

Mais le Pantocrator est aussi ce Dieu qui s’est manifesté à Moïse dans le Buisson ardent : « Je suis Celui qui est. » (Ex 3,14), c’est ce que signifient les trois lettres grecques inscrites dans la croix : omicron, omega et nu : “o On”, “celui qui est”.

L’ensemble des inscriptions signifie : cet homme historique, Jésus Christ, est vrai Dieu.

Le rouge et le bleu
Le Pantocrator porte aussi toujours sur une tunique rouge, un manteau dans les tons bleu. Le rouge, à Byzance, symbolisait la divinité et le bleu l’humanité. Ces deux couleurs rappellent les deux natures du Christ, vrai homme et vrai Dieu.

 

« Diriges nos pas à la lumière de ta face afin que, marchant dans tes commandements, nous soyons jugés dignes de te voir, toi, Lumière inaccessible. » (Liturgie orthodoxe)

L’icône nous conduit sur le chemin au bout duquel nous verrons le visage de Dieu. 

C’est Dieu lui-même qui se révèle à nous à travers la matière transfigurée.

En regardant l’icône du Christ, nous nous sentons regardés. Et notre regard croise son regard bien-aimant.

Prier devant une icône du Christ, c’est se mettre à l’écoute de la Parole de Dieu et l’intérioriser. 

Dans l’icône du Pantocrator c’est le Christ lui -même qui nous ouvre le Livre, qui nous donne l’intelligence des Ecritures.

Dans le silence, prenons le temps de contempler le Christ, tout en nous laissant regarder par Lui. 

soeur Anne-Claire Dangeard

Sœur Anne-Claire est actuellement au couvent de Poitiers et responsable des Médias à la Conférence des religieux et religieuses de France. Elle accompagne des groupes de jeunes en pastorale, notamment à travers l’animation d’ateliers d’écriture d’icônes.

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