Approfondir

Le sommaire

Dans la BIble, qui est Dieu ?

Qui est Dieu ? On m’a dit que la réponse était dans ce livre. J’ai cherché partout mais je n’ai pas trouvé. J’ai même regardé à la fin puisque dans les romans c’est là qu’on trouve la réponse. Il est écrit : « Viens, Seigneur Jésus ! La grâce soit avec vous. Amen » (Ap 22, 20-21) ! Avec ça, on n’est pas très avancé. Jésus est Dieu, d’accord, mais on ne sait toujours pas ce que ça veut dire.

Comment la Bible parle-elle de Dieu ? En effet, la Bible ne donne pas le nom de Dieu, ni au début, ni à la fin. En Jg 13, 18, l’Ange du Seigneur, sans doute Dieu lui-même, dit à Manoah : « Pourquoi me demandes-tu mon nom ? Il est indicible». Dieu affirme sa différence par rapport aux dieux des autres peuples qui, eux, avaient bien un nom qui servait à les invoquer. Dieu n’a pas de nom parce qu’il est au-dessus des autres dieux qui sont en réalité de faux dieux. Lui existe vraiment, Lui sauve vraiment.

Pour désigner Dieu, les Juifs utilisent quatre lettres, le tétragramme [YHWH], mais quand ils le lisent, ils ne le prononcent pas. A la place ils disent « Hashem » qui signifie : « le Nom » ou « Adonaï » qui signifie le Seigneur.

Dieu ne donne son nom que deux fois dans la Bible. Dans le livre de l’Exode, lors de l’épisode du buisson ardent, Dieu dit à Moïse : « Je suis celui qui suis » (Ex 3, 14). On peut comprendre cette affirmation de deux manières : soit c’est un refus de donner son nom. Dieu est trop élevé pour avoir un nom comme les hommes ou les faux dieux. Soit cela souligne sa présence. Il est celui qui est toujours là, c’est-à-dire celui qui agit toujours en faveur de son peuple. Cela souligne alors la plénitude de son être. Nous en reparlerons dans une prochaine vidéo.

Et Dieu donne son nom dans le Nouveau Testament : le Messie s’appelle Jésus : Dieu sauve. Là, Dieu donne quelque chose de son identité : Il sauve. Mais on n’a pas encore toute la carte d’identité de Dieu, on ne peut pas faire le tour de qui est Dieu.

Si le nom de Dieu n’est pas dans la Bible, où est-ce qu’on va le trouver ? Nulle part. Le nom de Dieu n’est pas dans la Bible parce qu’aucun mot humain ne peut enfermer Dieu. Nos mots sont trop limités. Mais la Bible parle bien de Dieu, à sa manière. Elle nous apprend à parler de Dieu avec nos pauvres mots humains. Elle le fait de trois manières :

1. Métaphores

Il y a d’abord les métaphores, des sortes d’images de Dieu, déficientes mais qui disent quand même quelque chose.
Par exemple, la métaphore du rocher. 2 S 22, 3 : « Mon Dieu, mon rocher, je m’abrite en lui ».
Dieu n’est bien sûr pas un rocher. Le rocher n’aime pas, le rocher ne pense pas, le rocher ne peut pas être un en trois personnes. Enfin, je ne crois pas… ! Mais quand la Bible dit que Dieu est un rocher, elle dit quand même quelque chose de vrai. Pour nous, le rocher est la réalité la plus solide qui existe. Eh bien, cela veut dire que Dieu est la réalité la plus solide qui soit. On peut s’appuyer sur le Seigneur, comme on s’appuie sur le roc pour bâtir une maison.

2. Actions

Il y a un deuxième type de mots : ceux qui expriment ce que Dieu fait. Ce n’est pas le nom de Dieu mais son action. « Dieu sauve » ou « Celui qui est » expriment l’action de Dieu.
Ou encore, « le Seigneur est mon berger » : cela signifie qu’il me guide. Ou bien tout simplement quand l’Évangile appelle Jésus « le Seigneur », c’est le nom de Dieu, mais un nom qui exprime une relation aux créatures. Le Seigneur est celui qui exerce la souveraineté sur l’univers.

3. Perfections

Enfin, il existe des noms qui donnent des caractéristiques de Dieu, qu’on appelle des perfections. Ce n’est pas son identité de manière complète parce qu’on ne peut pas enfermer Dieu. Mais quelque chose de ce qu’Il est. Par exemple, en soulignant que Dieu n’est pas limité comme nous.  Ps 147, 5 : « A son intelligence point de mesure ».
Ou bien en soulignant qu’Il a ce que l’homme a de bon, mais en meilleur. Ps 31, 20 : « Qu’elle est grande, Seigneur, ta bonté ! Tu la réserves pour qui te craint. »
La Bible ne donne donc pas le nom de Dieu. Mais elle en donne une sorte de portrait-robot, à travers ce à quoi Il ressemble, ce qu’Il fait et ses perfections. On a donc des indices sur Dieu dans toute la Bible, pas seulement à la fin mais dans chaque livre de la Bible nous est révélée une facette de l’identité de Dieu.

 

frère Ghislain-Marie Grange

frère Ghislain-Marie étudie la théologie de saint Thomas d'Aquin à Fribourg et il l'enseigne au couvent de Toulouse.